En trente ans de carrière, il n'a jamais vu une situation aussi "épouvantable". Et elle ne va pas s'arranger. Le président de Mondadori France, Ernesto Mauri, a estimé lors de son audition, dont la vidéo a été mise en ligne jeudi sur le site des Etats généraux de la presse écrite que 2009 serait une "annus horribilis" pour la presse écrite. Les causes? "A l'arrivée d'internet s'ajoute maintenant une crise économique d'une dimension jamais atteinte". Or, selon Ernesto Mauri, cette combinaison est un "tsunami".
Et d'après son analyse, "cette crise va durer au moins deux ans". Il demande donc au gouvernement de favoriser la mutation pour permettre à la presse de s'extirper de cette situation de blocage. Les éditeurs devraient "réagir", se réorganiser, "mettre en place des changements d'organisation comme la mutualisation des rédactions et de la vente de publicité, argumente-t-il. "Mais le système français empêche toute adaptation rapide. Les négociations sont trop longues".
La distribution
Dans ce contexte, le président de Mondadori France a plaidé pour "plus de concurrence dans le système de distribution" de la presse et pour une plus grande liberté des diffuseurs qui devraient pouvoir choisir quels journaux et magazines ils souhaitent vendre. Aujourd'hui, ils n'ont pas la main et son contraints à prendre des assortiments décidés par d'autres.
Sur les coûts de fabrication de la presse, le jugement de l'éditeur italien est sans appel: il est trop élevé. Et il augmente. Alors qu'en net, la publicité a chuté de 5% entre janvier et septembre 2008 dans la presse magazine. Le recul s'est établi à -8% ou -10% en octobre. Novembre "sera pire" et les inquiétudes sont encore plus fortes pour le mois de décembre.
TVA
Dans ce contexte, Ernesto Mauri met en garde contre tout projet d'augmentation du taux de TVA auquel est soumise la presse. Si la TVA passait de 2,1% actuellement à 5,5% comme cela est envisagé, celui conduirait pour lui à une augmentation des coûts qui serait répercuté sur les prix de vente des magazines. Et comme une hausse des prix est toujours néfaste en temps de crise, la diffusion des magazines baisserait. "Il faut mettre en place des solutions pour éviter les fermetures de journaux", a-t-il insisté lançant ainsi une sorte d'appel au gouvernement.




















