Le marché des ventes de musique en France a de nouveau connu une forte baisse en 2008, de -15%, a annoncé mercredi 14 janvier le principal syndicat de producteurs, le Snep, qui espère l'adoption rapide de la loi antipiratage des oeuvres culturelles sur internet. Le marché de gros hors taxes de la musique (livraisons des maisons de disques aux magasins) a représenté environ 600 millions d'euros l'an passé contre 713 en 2007. Cela inclut à la fois les ventes physiques (CD et DVD) et numériques (internet et téléphonie mobile). La baisse est légèrement moindre qu'en 2007, où elle avait été de 17,4%.
Selon le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), qui dévoilera l'intégralité des chiffres lundi à Cannes au Midem (Marché international du disque et de l'édition musicale), le marché de la musique s'est écroulé de moitié depuis 2002 (1,3 milliard d'euros à l'époque). Les producteurs attribuent essentiellement cette crise au piratage sur internet.
Au sein du marché global en 2008, les ventes numériques ont poursuivi leur progression: elles représentent 70 millions d'euros sur les 600 du total (contre 8,5 millions en 2004, 30,7 en 2005, 43,5 en 2006 et 50,8 en 2007). Pour autant, et comme chaque année, elles sont très loin de compenser l'effondrement des ventes des supports traditionnels. "L'une des priorités des producteurs est que la loi 'Création et internet' soit adoptée rapidement", a commenté devant la presse le directeur général du Snep, Hervé Rony. Ce projet de loi antipiratage des oeuvres sur internet a été adopté par le Sénat et doit désormais être examiné par l'Assemblée nationale. Les producteurs espèrent qu'il puisse l'être en mars, voire durant la deuxième quinzaine de février.
Par ailleurs, ils entendent "développer des demandes fortes" aux pouvoirs publics concernant le "plan de soutien" de l'industrie musicale. Les "majors" (Universal, Sony-BMG, EMI et Warner), qui sont affiliées au Snep, réclament un déplafonnement du crédit d'impôts mis en place pour soutenir l'industrie et qui, selon elles, bénéficie surtout aux labels indépendants. Les producteurs souhaitent aussi relancer le dossier de la TVA à taux réduit sur le disque (physique et numérique), un vieux serpent de mer de l'industrie. Enfin, le Snep a exprimé son "mécontentement" face au "refus absolu" des pouvoirs publics de fixer des quotas de diffusion de programmes musicaux à des heures de grande écoute sur les chaînes de la TNT W9 et Virgin.
De son côté, l'autre syndicat de l'industrie musicale, l'UPFI, qui regroupe les producteurs indépendants, a également fait part de demandes "urgentes" au gouvernement, à quelques jours de l'ouverture du Midem, dimanche. L'UPFI réclame l'adoption rapide de la loi antipiratage ainsi qu'une extension du crédit d'impôt et sa prolongation de quatre ans, mesure que ce syndicat juge "essentielle" pour la survie des PME musicales.
















