Le groupe de médias News Corporation de Rupert Murdoch a publié une perte de 6,4 milliards de dollars pour le deuxième trimestre de son exercice 2008/09. "Nos résultats pour le trimestre sont un reflet direct du sombre climat économique", a déclaré le fondateur du groupe Rupert Murdoch.

News Corp a vu ses résultats plonger dans le rouge lors des trois mois allant d'octobre à décembre, après avoir décidé d'amortir de manière accélérée pour 8,4 milliards de dollars d'écarts d'acquisitions. Avant prise en considération de cet élément exceptionnel, le groupe a dégagé un bénéfice net de 320 millions de dollars, contre 832 millions de dollars l'an dernier. Le bénéfice d'exploitation, qui reflète mieux la marche de l'entreprise, s'est affiché sur ces trois mois en baisse de 42% à 818 millions de dollars.

Le bénéfice d'exploitation a chuté dans la quasi-totalité des activités du groupe sur la période octobre-décembre. La chute atteint 72,2% pour les studios de cinéma (partiellement due à une comparaison défavorable après les gros succès de box-office de 2007), 92,6% pour les télévisions hertziennes, 83,8% pour Sky Italia, et seulement 8,67% pour les journaux. Seule la télévision par câble a affiché une solide croissance, devenant la plus rentable (à hauteur de 438 millions de dollars, +27%).

Du coup, le groupe a revu en forte baisse ses prévisions pour l'ensemble de l'année, tablant désormais sur une chute de 30% du bénéfice d'exploitation, alors qu'il y a trois mois il envisageait un repli limité de 13% à 17%. Le directeur financier David DeVoe a expliqué que cette révision était due à la détérioration constatée ces derniers mois, mais ne prenait pas en compte une éventuelle aggravation de la situation.

La crise frappe de plein fouet le groupe de méfias. Robert Murdoch a évalué à 20%la chute des recettes publicitaires, mais il ne compte pas pour autant réduire ses tarifs. En revanche, il va lancer un programme de réduction de coûts. A titre d'exemple, Robert Murdoch a évoqué la fusion de certaines activités administratives du tabloïde populaire New York Post et du quotidien économique Wall Street Journal, ou la renégociation de contrats de portage.

Le Wall Street Journal a annoncé par ailleurs la suppression de 25 postes dans sa rédaction, dont 11 par départs naturels. Le réseau de télévision Fox a aussi "supprimé les deux tiers des postes non pourvus", ce qui entraîne la suppression de 800 postes.