Facebook, MySpace et les autres réseaux sociaux connaîtront une année 2009 moins bonne que prévue. Leur revenu publicitaire mondial ne bondira pas de 32%, comme initialement estimé, mais augmentera de "seulement" 17%, à 2,3 milliards de dollars, selon le cabinet eMarketer. Soit une croissance divisée par deux. Les deux plus grands sites, MySpace et Facebook, monopoliseront à eux seuls 40% de cette somme en 2009, d'après le cabinet cité par le Wall Street Journal.

Cette révision à la baisse des prévisions publicitaires pour 2009 est une nouvelle d'autant plus mauvaise pour les sites de réseau sociaux qu'ils n'ont toujours pas trouvé de modèle économique. Pour l'instant, la publicité ne couvre pas les 300 millions d'euros de coûts de fonctionnement de Facebook, par exemple. Or, son succès en termes de fréquentation -175 millions d'utilisateurs en 2008- fait augmenter sans cesse les coûts d'exploitation, entraînant par exemple la construction de très coûteuses "fermes" de serveurs pour héberger les contenus générés par les utilisateurs.

La solution, d'après Debra Aho Williamson, analyste chez eMarketer: "les réseaux sociaux doivent multiplier leurs sources de revenu". Et de citer l'exemple des sites japonais Mixi au Japon et Cyworld en Corée du Sud, qui proposent, en plus des espaces publicitaires, des formules d'abonnement. Autre piste, vendre les informations sur les utilisateurs aux annonceurs. Un sujet qui fait polémique: cette technique porte atteinte au respect de la vie privée. Plusieurs fois, les utilisateurs de Facebook se sont élevés contre ce genre de système, notamment lors de la fronde contre "Beacon", en 2007. Cette fonction informait les amis d'un utilisateur lorsque celui-ci visitait un site internet commercial affilié.

Augmenter les revenus sans disperser à tous vents les données personnelles des utilisateurs: l'équation s'annonce difficile à résoudre. Mais si les réseaux sociaux n'arrivent pas à rentabiliser leur activité, ils pourraient bien finir dans les pattes de géants comme Microsoft que l'audience des sites tels que Facebook fait saliver.